Calendrier du jardinier pour le mois de janvier

Le jardin en janvier

Même en plein hiver, le jardinier n'est jamais totalement au repos. Janvier est le moment de protéger les plantations, d'entretenir le jardin et de préparer le printemps.

Profitez aussi des longues soirées d'hiver pour imaginer un jardin plus écologique. Vous pouvez aussi explorer des techniques innovantes et écologiques : terra preta, cultures associées, hais sèche… 

Givre sur feuille.

Préparer son jardin pour le réveil printanier

Entretenir ses outils de jardin


Si vous n’avez pas eu le temps de le faire en fin d’automne, entretenez vos outils de jardin.
Un outil bien entretenu est un outil qui dure… et qui rend le travail bien plus agréable !


Pour les outils de travail du sol (bêches, pelles, griffes, etc.) :


- Nettoyez-les soigneusement à l’eau puis laissez-les sécher.
- Pour les manches en bois : poncez avec un papier abrasif grain 180, puis appliquez de l’huile de lin pour les nourrir.
- Pour les parties métalliques : éliminez la rouille avec une brosse métallique. Pour stabiliser la corrosion et limiter sa réapparition, appliquez de l’acide phosphorique (avec précautions, respectez les consignes d’utilisation).


Si vous avez des outils à manche en fibre de verre, bien entendu, vous n’aurez pas ce souci ; les puristes vont crier, mais il faut avouer que ce matériau a le mérite d’être très léger, quasi incassable, parfait pour les outils mis à rude épreuve.

 

Pour les outils de coupe (sécateurs, cisailles...) :


- Nettoyez les lames avec de la laine d’acier triple zéro imbibée d’alcool.
- Aiguisez-les avec une pierre ou un aiguiseur adapté.
- Lubrifiez les mécanismes avec une huile fine ; un produit type WD-40 peut aussi servir ponctuellement pour dégripper et protéger de l’humidité.

 

Que faire en janvier au potager ?

Récolter et protéger les légumes d’hiver


La saison met à l’honneur les légumes d’hiver : récoltez mâche, choux, poireaux… Et si certaines cultures sont encore en terre et que vous n’avez pas eu le temps de le faire en décembre, paillez-les pour les préserver du gel.


Quelle épaisseur de paillage hivernal ?


➤ 15 cm pour la paille ou les feuilles mortes


➤ 8 cm pour les paillis denses (écorces, chanvre, miscanthus…)


➤ 2 couches de voile d’hivernage pour les légumes les plus fragiles

 

Limaces en hiver : surveiller et limiter les dégâts


Même en plein hiver, les limaces peuvent rester actives dès que le temps se radoucit et que l’humidité est élevée, notamment sur les jeunes salades, épinards, certains choux et semis sous abri.

Pour limiter leur activité, jouez sur le microclimat : arrosez plutôt le matin que le soir, évitez les paillages trop compacts autour des jeunes plants, et supprimez les abris permanents trop proches des cultures (planches au sol, bâches au contact de la terre, amas d’herbe humide).

En cas d’attaque, vous pouvez utiliser des granulés anti-limaces utilisables en agriculture biologique à base de phosphate de fer, à appliquer uniquement dans les zones sensibles et au bon moment (sol humide, limaces actives).

 

Semis et plantations possibles en climat doux


Dans les régions aux hivers modérés, vous pouvez planter ail, oignons et échalotes, tant que le sol n’est pas gelé.

Si vous disposez d’une serre, commencez vos premiers semis (radis, laitues de printemps), en veillant à bien aérer pour limiter l’humidité.
Dans les régions les plus douces, si le sol (sous serre froide) atteint au moins 8 °C, vous pouvez planter des pommes de terre pour viser une récolte primeur. Attention toutefois aux gelées : en cas de coup de froid, un voile d’hivernage est très utile pour protéger les jeunes pousses et sécuriser la reprise.

 

Que faire en janvier au verger ?

Surveillez les fruits stockés 


Au moindre signe de pourriture, retirez immédiatement les fruits concernés du lieu de stockage. S’ils sont fortement atteints par une maladie, évitez le compost domestique. 

 

Assainir, entretenir et tailler les arbres fruitiers

 

En janvier, le verger est au repos, mais c’est justement le bon moment pour faire un tour complet de vos fruitiers. 


➤ Vérifiez l’état des tuteurs et remplacez-les si nécessaire, puis contrôlez les liens pour éviter qu’ils ne blessent l’écorce.


➤ Profitez-en aussi pour assainir le verger : retirez les fruits momifiés encore accrochés ou tombés au sol, souvent liés à la moniliose, ainsi que les rameaux secs ou visiblement malades. 

 

➤ Ramassez également les feuilles mortes si elles sont porteuses de maladies. Un verger propre en hiver permet de limiter les sources de contamination au printemps e de réduire les interventions par la suite.

taille-fruitier

➤ C’est aussi le moment idéal, hors périodes de gel, pour tailler pommiers,

poiriers, noisetiers, cassissiers et groseilliers. 


➤ Pour le myrtillier, contentez-vous en janvier de supprimer le bois mort ou abîmé si nécessaire ; la vraie taille de fructification se fait plutôt en fin d’hiver, avant la reprise de végétation.

 

➤ C’est aussi le bon moment pour nettoyer et organiser les framboisiers en vue de la future production.

 

Sur les framboisiers non remontants, les cannes ayant fructifié sont normalement supprimées en été, juste après la récolte, souvent dès juillet. Si besoin, cette opération peut toutefois encore être finalisée à cette période, avant de ne garder que 6 à 8 cannes vigoureuses par mètre et d’éliminer les plus faibles.


Pour les framboisiers remontants, si vous souhaitez deux récoltes, ne coupez que l’extrémité des cannes qui a fructifié à l’automne, afin de conserver leur base pour la récolte d’été.


Si vous préférez une seule récolte, plus abondante et plus simple à gérer, attendez plutôt la fin de l’hiver pour rabattre toutes les cannes au ras du sol.

 

➤ Janvier est l’un des grands rendez-vous de taille pour le kiwi et le kiwai.

La taille d’hiver sert à la fois à structurer la plante et à préparer la fructification. On conserve les charpentières, on raccourcit les rameaux ayant fructifié, et on sélectionne les baguettes qui porteront les fruits de l’année.

Profitez-en pour vérifier et renforcer le palissage : le kiwi est lourd, vigoureux, et tire fort sur les supports.

 

Cochenilles : repérer et réduire la pression (si besoin)


Sur certains rameaux, on peut aussi observer des cochenilles (petites “croûtes” ou boucliers fixés au bois). Si vous repérez de vraies colonies, une action simple consiste à brosser délicatement l’écorce (sans blesser l’arbre) et à éliminer les parties les plus atteintes. L’objectif n’est pas de “traiter”, mais de réduire drastiquement la pression avant la reprise.

 

Que faire en janvier au jardin d’ornement ?

Protéger les végétaux 


En hiver, la priorité au jardin d’ornement, c’est la protection. 
Le paillage est votre allié, à la fois isolant et nourrissant pour le sol. 


Le miscanthus est l’un des meilleurs paillis d’hiver : il protège, enrichit et limite les adventices. Paille et foin feront également l’affaire.

 

Pour une touche esthétique différente, la plaquette forestière offre aussi une bonne isolation. 
Protégez les arbustes fragiles comme le laurier-rose avec un voile d’hivernage. En pot, gardez le substrat légèrement humide même en hiver. 


Il est désormais possible d’observer des lauriers-roses en pleine terre jusqu’à Lyon, où ils ne souffrent plus du gel…

Impensable il y a encore 30 ans, une preuve de plus que le climat change rapidement… 

 

Nettoyage des vivaces / graminées


En janvier, évitez de vous précipiter pour nettoyer les vivaces. La plupart des vivaces et des graminées gagnent à être laissées en place : leurs tiges et feuilles sèches forment une protection naturelle contre le froid, le gel et les variations de température.

Elles servent aussi d’abri à une petite faune utile (insectes auxiliaires).


Attendez plutôt mars pour tailler et nettoyer : la reprise de végétation sera plus visible, et vos plantes repartiront plus vite, sans stress inutile.

 

Traiter les rosiers

 

Dans les jardins où les rosiers ont subi des maladies de façon répétée, un traitement préventif à base de cuivre peut être envisagé, juste avant ou au tout début du débourrement.

 

Il s’applique par temps sec, hors gel. Il intervient en général entre fin janvier et fin février selon les conditions climatiques. 


Ce traitement vise à limiter certaines maladies cryptogamiques comme la tache noire, la rouille (en photo ci-contre) ou, dans certains cas, l’oïdium.

rouille-sur-rosier

Il est toutefois important de rappeler que le cuivre s’accumule progressivement dans le sol

et peut perturber la vie microbienne à long terme. On ne traite donc pas par automatisme, mais en fonction de l’historique sanitaire du rosier, notamment en cas d’attaques répétées les années précédentes.

Un jardinage réfléchi repose sur un équilibre entre protection des plantes et respect de la vie du sol.


D’ailleurs, un champignon n’est pas un « ennemi » au sens strict : c’est un organisme opportuniste. Un rosier bien nourri, correctement taillé, suffisamment aéré et débarrassé de ses feuilles malades à l’automne présente déjà une pression sanitaire nettement réduite. Dans ce contexte, le cuivre devient un outil ponctuel d’accompagnement, et non une stratégie systématique.


Rappel : Par prudence, évitez de mettre au compost domestique les déchets végétaux fortement malades, surtout lorsqu’ils portent des spores, pustules, fruits momifiés ou parties très contaminées. Un composteur de jardin ne monte pas toujours assez en température pour neutraliser correctement ces agents pathogènes. Direction la déchèterie qui les transfèrera aux plateformes professionnelles de compostage qui sauront les traiter dans les règles de l’art.

 

Le bon rosier plutôt que le bon traitement : Pour limiter les maladies, le choix de la variété est essentiel. De nombreux rosiers paysagers, arbustifs ou anciens présentent une bonne résistance naturelle aux principales maladies. Mieux vaut souvent choisir un rosier robuste dès le départ que multiplier les traitements par la suite.

 

 

À propos de cet article
Publié le 6 juillet 2026.
Article rédigé et vérifié par l’équipe de la Compostière de Montremond.