Ce nouvel équipement doit ainsi permettre d’agir beaucoup plus directement sur les émissions à la source, tout en améliorant le fonctionnement global de notre procédé de compostage.
Au-delà de la maîtrise des odeurs, ces six casiers doivent également nous permettre de mieux contrôler l’aération des matières, d’accélérer certaines phases de transformation, de réduire le recours aux retournements mécaniques et de récupérer une partie de l’azote contenu dans l’air traité pour le valoriser sur nos terres agricoles.
Six nouveaux casiers pour mieux maîtriser le compostage
Le compostage est un processus biologique qui dépend notamment de l’oxygénation et de la température des matières.
Nos six nouveaux casiers permettront de mieux contrôler ces paramètres pendant les premières phases de transformation.
L’air circulera à travers la masse en compostage avant d’être aspiré et dirigé vers le système de traitement de l’air.
Cette maîtrise plus précise de l’aération doit permettre d’accélérer la transformation des matières et de limiter le nombre de retournements d’andains réalisés avec nos engins.
À terme, les six casiers représenteront une capacité totale d’environ 6 700 m³, soit 5 400 tonnes de matières.

Moins de retournements et une transformation plus rapide
Aujourd’hui, les premières phases de compostage nécessitent plusieurs retournements mécaniques afin notamment d’aérer et d’homogénéiser les matières.
Avec la nouvelle installation, notre objectif est de passer de quatre à deux retournements, soit une diminution de 50 %.
Cette évolution doit permettre de réduire le temps consacré aux opérations mécaniques, mais également l’utilisation de nos engins et leur consommation de carburant.
Nous estimons ainsi pouvoir éviter environ 400 heures d’utilisation d’engins et 6 000 litres de carburant par an.
La durée de certaines phases de transformation pourrait également être réduite, avec un objectif de 3 à 6 semaines contre 6 à 10 semaines actuellement.
Traiter les émissions odorantes directement à la source
La maîtrise des odeurs constitue l’un des enjeux centraux de ce nouvel investissement.
Au lieu de laisser l’air ayant traversé les matières se disperser directement dans l’atmosphère, celui-ci sera capté puis acheminé vers une installation dédiée au traitement de l’air.
Cette approche permettra d’intervenir directement à la sortie des casiers et donc de traiter les flux gazeux avant leur dispersion autour du site.
Le système est dimensionné pour traiter un débit nominal d’environ 25 000 m³ d’air par heure.
Deux technologies complémentaires seront utilisées successivement : une tour de lavage humide puis un biofiltre végétal.
Une première étape par lavage de l’air
L’air capté sera d’abord dirigé vers une tour de lavage humide.
Le principe consiste à mettre le flux gazeux en contact avec de l’eau afin de capter notamment une partie de l’ammoniac (NH₃) qu’il contient.
L’ammoniac passe alors du flux gazeux vers l’eau de lavage, qui s’enrichit progressivement en azote ammoniacal.
Cette première étape contribue ainsi à réduire une partie des composés présents dans l’air avant son passage dans le biofiltre.
Un second traitement par biofiltration végétale
Après la tour de lavage, l’air sera dirigé vers un biofiltre végétal d’environ 440 m³.
Le principe de la biofiltration consiste à faire traverser l’air à une masse filtrante humide colonisée par des micro-organismes.
Ces micro-organismes participent naturellement à la dégradation de différents composés responsables des odeurs.
L’association de la tour de lavage et du biofiltre doit ainsi permettre de renforcer significativement la maîtrise des émissions odorantes issues des phases les plus actives du compostage.
La conception et la réalisation de l’ensemble du système de traitement de l’air ont été confiées à TC Innov, entreprise spécialisée dans les solutions de traitement des odeurs industrielles.
Récupérer l’azote plutôt que le perdre dans l’atmosphère
L’eau utilisée dans la tour de lavage s’enrichira progressivement en azote ammoniacal.
Cette eau sera récupérée puis directement valorisée pour son pouvoir fertilisant sur les terres agricoles exploitées par la Compostière de Montremond.
Le traitement de l’air ne servira donc pas uniquement à limiter les émissions : il permettra également de récupérer une ressource présentant un intérêt agronomique et de la restituer aux sols.
Cette logique de retour au sol est au cœur de notre activité de production de compost agricole, destiné à valoriser agronomiquement les matières organiques traitées sur notre plateforme.
Une logique d’économie circulaire jusque dans le traitement de l’air
Ce projet résume assez bien la logique que nous cherchons à développer à la Compostière de Montremond.
Il ne s’agit pas uniquement de traiter davantage de matières ou d’accélérer le compostage.
L’objectif est de mieux maîtriser l’ensemble du processus : contrôler plus précisément l’aération, réduire les opérations mécaniques, capter les émissions odorantes à la source, traiter l’air avant son rejet et récupérer les éléments qui peuvent encore être valorisés.
Avec la récupération de l’azote présent dans l’air et son utilisation sur nos terres agricoles, la boucle se prolonge jusqu’au retour des éléments fertilisants au sol.
Cette démarche s’inscrit plus largement dans les domaines d’expertise de la Compostière de Montremond, qui couvrent notamment la valorisation des matières organiques, le recyclage des déchets verts, la production de compost agricole et la culture du miscanthus.
Un chantier de 1,5 million d’euros en cours
Les travaux de maçonnerie des six nouveaux casiers sont réalisés par Maurice Glandut SAS, entreprise locale.
La conception et la réalisation du système de traitement de l’air sont confiées à TC Innov.
Le projet en chiffres :
✔ 1,5 million d’euros d’investissement ;
✔ 6 nouveaux casiers de compostage ;
✔ 2 500 m² de surface de plancher ;
✔ une capacité d’environ 6 700 m³ / 5 400 tonnes ;
✔ un débit nominal de traitement de l’air de 25 000 m³/h ;
✔ une tour de lavage humide ;
✔ un biofiltre végétal de 440 m³ ;
✔ la récupération de l’eau enrichie en azote pour sa valorisation agricole.
Les travaux se poursuivent actuellement sur notre site de Saint-Barthélemy.
Nous partagerons prochainement les images de l’installation achevée et sa mise en fonctionnement.