Actualités de la Compostière de Montremond

Rencontre avec Frédéric, responsable d’exploitation à la Compostière de Montremond

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Frédéric Durand, responsable d'exploitation à la Compostière de Montremond.

 

Plongez dans le quotidien d’un responsable d’exploitation au cœur d’une plateforme de compostage, entre rigueur technique et passion du vivant.
À travers ce témoignage, découvrez les coulisses d’un métier clé pour valoriser les déchets organiques et préserver la fertilité des sols. 

 

Peux-tu te présenter en quelques mots et nous dire depuis combien de temps tu travailles à la Compostière de Montremond ?


Je m’appelle Frédéric Durand. Je suis responsable d’exploitation à la Compostière de Montremond depuis 2020. Mais en réalité, je connais la plateforme depuis bien plus longtemps : j’y apportais déjà des déchets dès 2010 et j’y suis intervenu comme conseiller technique dès 2013. On peut dire que j’ai vu évoluer le site au fil des années.

 

Quel a été ton parcours avant d’arriver ici ?


J’ai toujours travaillé dans le domaine agricole et environnemental. Je suis moi-même issu du milieu agricole, et j’ai suivi une formation universitaire avec un DESS en environnement. Mon mémoire portait sur la valorisation agricole des boues urbaines. Ensuite, j’ai travaillé pendant 23 ans dans un bureau d’études spécialisé dans la valorisation des déchets organiques en agriculture. C’est un fil conducteur qui ne m’a jamais quitté.

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler dans la valorisation des déchets organiques ?


La valorisation des déchets organiques, c’est le monde du vivant, de la biologie, de l’agronomie et de l’économie circulaire, tous des sujets qui m’intéressent.

 

En quoi consiste ton rôle de responsable d’exploitation au quotidien ?


Dans une petite structure comme la nôtre, il faut savoir être polyvalent. Mon travail est très transversal.
En amont, je gère les relations avec les producteurs et les apporteurs de déchets, afin de planifier les entrées selon nos capacités et nos besoins.
Pendant la production, je veille au suivi du process : traçabilité, contrôles analytiques, qualité des matières entrantes et des produits finis, conformité réglementaire…
En aval, j’organise la vente du compost agricole et les relations avec les utilisateurs.
À cela s’ajoutent les échanges avec les administrations, les déclarations réglementaires… 
C’est un métier très varié, et c’est ce qui le rend stimulant.

 

Quels sont les sujets que tu pilotes en plus de la fabrication du compost ?


En plus des sujets directement liés à l’exploitation de la Compostière, j’assure des missions de suivi technique et administratif pour des collectivités qui pratiquent la valorisation de MIATE ou de composts par épandage agricole direct. Cela implique des études préalables, le suivi analytique, l’organisation des chantiers et la rédaction des bilans annuels. 


Quels sont les paramètres les plus importants à maîtriser pour obtenir un compost de qualité ?


Tout commence par la qualité des matières premières. Ensuite, il faut un mélange équilibré : ni trop humide, ni trop sec, avec une bonne structure pour que l’air circule et que les micro-organismes puissent travailler.
Le temps est également un facteur clé. Après la phase de fermentation assurée par les bactéries, il faut laisser le temps aux champignons d’assurer la maturation du compost. Un bon compost ne se précipite pas.

 

Qu’est-ce qui te rend le plus fier dans ton travail aujourd’hui ?


Je suis tout simplement fier que mon travail serve l’environnement et l’agriculture.

 

Selon toi, qu’est-ce que les gens sous-estiment le plus sur la fabrication du compost ?


Beaucoup pensent que tout se fait “naturellement”, presque sans intervention. En réalité, le compostage à cette échelle demande des moyens techniques, un suivi rigoureux et des contrôles réguliers. Ce n’est pas un simple tas qui se décompose tout seul.

 

Comment vois-tu évoluer ton métier dans les prochaines années ?


Le marché évolue, les exigences réglementaires aussi. Mais le recyclage organique restera indispensable, autant pour l’environnement que pour l’agriculture.

 

Penses-tu que le compost aura un rôle encore plus important dans l’agriculture et la gestion des sols de demain ?


Oui, nous savons depuis des décennies que les ressources d’engrais minéraux s’épuisent. Les sols agricoles s’appauvrissent et perdent leur matière organique. Le sol est un réservoir de carbone qui permet de lutter contre le réchauffement. Pour toutes ces raisons, l’amendement organique sera le salut de l’agriculture de demain.

 

Si tu devais résumer ton métier en une phrase, que dirais-tu ?


Un métier de passion.

 

 

Le mot de la fin

À travers le parcours de Frédéric, on comprend que le compostage ne repose pas seulement sur une technique, mais sur une véritable expertise du vivant. De la relation avec les apporteurs au suivi réglementaire, en passant par la qualité du produit fini, son rôle est au cœur du fonctionnement de la plateforme. Son expérience rappelle que derrière chaque tas de compost, il y a du savoir-faire, de la rigueur et une même conviction : redonner de la valeur à la matière organique, c’est investir dans l’avenir des sols.

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