Qu’est-ce qui t’a amené à ce métier de conducteur de chargeuse ?
Depuis tout petit, j’ai toujours aimé les engins de chantier. Quand j’étais enfant, les week-ends, je passais mes après-midis dans la pelle ou le tracto de mon oncle. Je pense que c’est un peu ma madeleine de Proust…
Par la suite, j’ai d’abord fait un CAP jardinier paysagiste, puis un TGEV (technicien en jardin et espace vert).
Ensuite, je me suis orienté vers un CAP conducteur d’engins au CFA de Montalieu-Jarcieu, où j’ai passé mes CACES A, B1, C1, C2, C3, D, E et F.
J’ai fait mon apprentissage dans les travaux publics, et à la fin, j’ai cherché du travail.
J’ai postulé à la Compostière de Montremond, j’ai commencé en CDD, et au bout de trois mois, j’ai signé mon CDI.
Quelles sont les principales tâches que tu réalises avec la chargeuse ?
Je suis assez polyvalent. Je fais surtout du criblage de compost, mais aussi du retournement d’andains, des mélanges de matières, ou encore différents travaux à la pelle selon les besoins.
Quels sont les moments les plus agréables dans ton travail ?
Dès que je monte dans ma chargeuse, je suis dans mon élément. J’aime conduire, être concentré et avancer dans ce que j’ai à faire. Et puis il y a aussi la bonne ambiance au travail : on s’entend tous bien, et ça, c’est important.
Peux-tu nous décrire ta chargeuse : sa taille, sa puissance, ce qui la rend adaptée à la Compostière ?
Ma chargeuse est une Liebherr L 550 X Power ; elle pèse environ 21,5 tonnes, a un godet d’environ 5 m³ de capacité et une puissance de 222 chevaux. Elle est équipée d’un godet haut-déversement (GHD), ce qui me permet de faire des tas assez hauts mais aussi de charger des semi-remorques et des bennes agricoles sans difficultés. C’est clairement l’élément clé qui la rend parfaite pour notre travail ici.
Ma chargeuse actuelle sera remplacée courant 2026 par une chargeuse Liebherr 556 XPower.
Quelles compétences faut-il pour bien manier une chargeuse dans un site comme le nôtre ?
De la concentration, de l’anticipation et pas mal de dextérité.
Qu’est-ce qui te rend fier dans ce métier ?
Je suis fier de voir le résultat de mon travail : on part d’un produit brut, les déchets verts, et on arrive à un compost vivant. Je me sens utile, comme un maillon d’une chaîne. Et quand je sais que notre compost agricole part chez des agriculteurs pour nourrir les sols, ça me parle.
Est-ce que tu avais conscience de l’impact environnemental positif du compost avant de travailler ici ?
Pas du tout. Je ne connaissais rien au compostage avant d’arriver ici. C’est un métier technique et passionnant. Aujourd’hui, je me rends compte des tonnes de végétaux que l’on valorise chaque jour; toute cette matière organique qui retourne à la terre au lieu d’être perdue, c’est plaisant.
As-tu une anecdote ou un souvenir marquant à partager depuis que tu travailles à la Compostière ?
Pas une en particulier, mais plein de bons moments. L’ambiance est bonne, il y a de la convivialité, de la cohésion… on bosse sérieusement sans se prendre la tête, et c’est agréable.
Qu’aimerais-tu que les gens sachent sur ton métier qu’ils ne devinent pas forcément ?
J’aimerais que les gens sachent que fabriquer du compost est bien plus complexe qu’on l’imagine. Il y a plusieurs étapes : le broyage, la fermentation, la maturation, le criblage, le retournement… C’est un vrai savoir-faire, surtout à une échelle comme la nôtre.
Comment vois-tu ton métier évoluer dans les prochaines années ?
Je pense que l’on se dirige vers des machines électriques pour respecter les nouvelles normes environnementales. Peut-être même des chargeuses pilotées à distance… Mais pour être honnête, moi, je préfère rester au volant !
Si tu devais résumer ton travail en trois mots, lesquels choisirais-tu ?
Autonomie, fierté, convivialité.
Conclusion
À travers ce témoignage, on mesure combien le rôle d’un conducteur de chargeuse est central : de la manutention quotidienne à la sécurité, chaque geste compte pour transformer des déchets verts en un compost riche et utile aux sols. Merci à Lucas pour ce regard de l’intérieur, qui met en lumière l’humain derrière les machines.
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