Actualités de la Compostière de Montremond

Bilan carbone 2024 de la Compostière de Montremond

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Réduction du CO2 par le compostage.

 

Transformer les déchets organiques… et réduire les émissions de CO₂

Pourquoi mesurer notre empreinte carbone ?

 

À la Compostière de Montremond, notre métier est simple à résumer : transformer des déchets organiques locaux en ressources utiles pour les sols agricoles et les jardins.

 

Concrètement, nous recevons des déchets verts, des MIATE, des fumiers, des fientes… et nous les transformons en différents composts normés et terre enrichie utilisés (selon le type de produit) par les agriculteurs, les collectivités, les paysagistes et les particuliers.


Mais cette activité consomme aussi de l’énergie.


En 2025, nous avons donc décidé de mettre des chiffres sur notre impact climat :


•    pour savoir où nous en sommes ;
•    pour identifier où nous pouvons progresser ;
•    pour partager ces résultats en toute transparence avec nos partenaires professionnels, nos clients et les riverains.

 

 

Ce que mesure (et ne mesure pas) notre bilan carbone

Un bilan interne centré sur “énergie + mobilité”

 

Le chiffre principal que nous communiquons correspond à l’empreinte carbone :


•    de nos consommations d’énergie (carburants et électricité) ;
•    et des trajets domicile–travail de nos 5 salariés (représentant 5 ETP)


Il inclut donc le GNR, le carburant routier, l’AdBlue, le gaz en bouteille, l’électricité et les trajets domicile–travail.
C’est ce que nous appelons notre bilan “énergie + mobilité”.

 

Ce qui n’est pas chiffré dans ce total

 

Par souci de réalisme (et pour éviter un “faux bilan parfait”), certains postes ne sont pas intégrés numériquement :


•    la fabrication des sacs plastiques et des big-bags (scope 3 amont) ;
•    le transport des palettes de produits ensachés par nos fournisseurs jusqu’à la Compostière ;
•    la fabrication / entretien des engins, bâtiments, voiries, géomembranes, etc.

 

Ces postes sont bien réels, mais nécessiteraient une analyse de cycle de vie (ACV) beaucoup plus lourde pour être chiffrés sérieusement.
Nous avons donc choisi de les mentionner qualitativement, sans inventer de chiffres.


Lorsque nous parlons ensuite d’“émissions évitées”, nous ne prenons en compte que les composts effectivement produits sur la plateforme (compost agricole, compost vert, compost enrichi, compost intégré à la terre végétale enrichie). À l’inverse, nous ne comptabilisons ni le miscanthus produit sur l’exploitation, ni les terreaux, ni les amendements organiques ou autres produits ensachés achetés auprès de nos fournisseurs.

 

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Schéma explicatif des différents SCOPE, catégories utilisées pour classer les émissions de gaz à effet de serre selon leur origine.

 

 

Et les émissions du compostage lui-même ?

Le cas particulier des émissions biogéniques

 

Sur une plateforme de compostage, la décomposition de la matière organique peut émettre :


•    du CO₂ biogénique (carbone capté par les plantes quelques mois ou années plus tôt) ;
•    une très petite part de CH₄ (méthane) et de N₂O (protoxyde d’azote).


Le CO₂ biogénique fait partie du cycle naturel du carbone : que la matière se décompose dans un fossé, dans la nature, ou sur une plateforme, ce carbone finit par revenir dans l’atmosphère sous forme de CO₂ à court terme.


Conformément aux méthodologies usuelles (GHG Protocol, Base Carbone ADEME), ce CO₂ biogénique n’est pas additionné à notre bilan “énergie + mobilité”, qui se concentre sur les émissions fossiles.


En revanche, les émissions de CH₄ et N₂O du compostage font l’objet d’un ordre de grandeur dans le document complet.
Elles doivent être lues en comparaison avec un scénario “sans Compostière” (brûlage, dépôts sauvages, traitement plus éloigné), et non ajoutées naïvement à l’empreinte fossile.

 

 

Ce que nous traitons et valorisons chaque année

En 2024, la Compostière de Montremond a réceptionné plusieurs dizaines de milliers de tonnes de matières organiques : déchets verts, MIATE, fumier de bovin, fientes de volaille…
Au total, ce sont environ 37 000 tonnes de matières organiques qui ont été traitées et valorisées par le compostage.


En sortie, en 2024, la Compostière a notamment :


➤ produit et vendu plusieurs dizaines de milliers de tonnes de compost agricole normé, destinées exclusivement aux agriculteurs de la région ;


➤ produit et vendu plusieurs centaines de tonnes de compost végétal pour les jardins, les espaces verts et les aménagements paysagers ;


➤ élaboré de la terre végétale enrichie, intégrant une part significative de compost.


L’ensemble de ces produits contribue à enrichir les sols, améliorer leur structure, leur capacité de rétention en eau et leur fertilité à long terme.

 

 

Nos consommations d’énergie : où se situent nos émissions directes ?

Carburants et électricité

 

En 2024, nos consommations d’énergie se répartissent principalement entre :


•    le GNR utilisé par les engins de plateforme 
•    le carburant routier pour les camions plateau et quelques petits engins ;
•    l’AdBlue nécessaire au fonctionnement des engins récents ;
•    le gaz en bouteille pour le chariot élévateur ;
•    l’électricité (éclairage, chauffage pompe à chaleur, pompes…)


Converties en CO₂e à partir de facteurs standard (Base Carbone ADEME), ces consommations représentent environ 253 tCO₂e/an liées à l’énergie.


Déplacements domicile–travail

 

Les 5 équivalents temps plein de la Compostière représentent environ :
≈ 5 tCO₂e/an de déplacements domicile–travail (voitures diesel, essence et électrique).

 

En combinant énergie et déplacements, on obtient donc :


➤ Empreinte carbone directe 2024 (énergie + mobilité) = ≈ 260 tCO₂e/an.

 

 

Ce que notre activité permet d’éviter

Compost, engrais minéraux et carbone dans les sols

 

Les travaux de l’ADEME, de l’INRAE, de la Commission européenne (JRC) et de nombreuses analyses de cycle de vie montrent que :


✔ un compost agricole de qualité permet de remplacer une partie des engrais minéraux (azote, phosphore, potasse) ;


✔ une fraction du carbone apporté sous forme de compost se stabilise dans le sol, augmentant le stock de carbone et contribuant à l’initiative internationale “4 pour 1 000” ;


✔ le compostage et le retour au sol contribuent à un modèle agricole plus résilient et plus économe en intrants fossiles.

 

En appliquant ces ordres de grandeur aux volumes de compost réellement et avec des hypothèses prudentes, nous estimons que notre activité permet :
≈ 1 550 à 1 600 tCO₂e/an d’émissions évitées, par rapport à un scénario sans Compostière. 

 

Ces émissions évitées proviennent principalement :


•    de la non-production d’engrais minéraux (très émetteurs à fabriquer) ;
•    du stockage de carbone supplémentaire dans les sols ;
•    d’une meilleure gestion des déchets organiques (moins de brûlages ou traitements plus éloignés par exemple).

 

 

Un bilan globalement positif pour le climat

En résumé, pour l’année 2024 :


- Empreinte directe énergie + déplacements de la Compostière : ≈ 260 tCO₂e/an ;


- Bénéfices climatiques nets pour le territoire (engrais évités + carbone stocké) : ≈ 1 550 - 1 600 tCO₂e/an évitées.


Même en prenant en compte nos consommations d’énergie et nos déplacements, l’activité de la Compostière de Montremond présente donc un bilan carbone globalement positif : elle contribue à réduire les émissions nettes du système local de gestion des déchets organiques et de la fertilisation des sols.

 

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